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Taïwan : Pékin fustige la visite de Hsiao Bi-khim en Italie

La Chine dénonce le déplacement de la responsable taïwanaise Hsiao Bi-khim en Italie et rappelle que le principe d'une seule Chine reste la base des relations avec Rome et Bruxelles.

La diplomatie chinoise a de nouveau haussé le ton sur la question taïwanaise. Le 11 septembre, lors d'un point presse régulier, un journaliste de Reuters a interrogé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mao Ning, sur un possible sommet entre Xi Jinping et Vladimir Poutine en marge des BRICS, puis sur la visite en Italie d'une responsable de Taïwan, Hsiao Bi-khim. La réponse de Pékin illustre la manière dont la question taïwanaise s'invite désormais dans presque chaque séquence diplomatique, y compris lorsque l'agenda officiel porte sur d'autres sujets.

Points clés de la déclaration chinoise

  • Un point presse dominé par deux dossiers sensibles. Le porte-parole Mao Ning a d'abord éludé la question sur un éventuel sommet Xi-Poutine, indiquant que les informations sur la participation du président chinois au sommet des BRICS seraient publiées « en temps voulu ». Cette prudence contraste avec la fermeté affichée sur Taïwan.
  • Des « démarches solennelles » auprès de Rome et de Bruxelles. Pékin affirme avoir protesté officiellement auprès des autorités italiennes et européennes après le déplacement de Hsiao Bi-khim, présentée comme une personnalité politique favorable à l'indépendance de Taïwan.
  • Une critique directe du gouvernement de Taipei. Mao Ning a accusé le Parti démocrate progressiste (DPP) et certains responsables de chercher à « se mettre en avant » partout, en s'appuyant sur le prétexte de la « démocratie » et de la « liberté » pour promouvoir leurs objectifs séparatistes à l'étranger.
  • Le rappel du principe d'une seule Chine. Le porte-parole a réaffirmé que Taïwan fait partie intégrante du territoire chinois et que Pékin s'oppose à toute forme de contact officiel entre les pays ayant des relations diplomatiques avec la Chine et la région de Taïwan.
  • Un socle présenté comme intangible. Selon Pékin, le principe d'une seule Chine constitue une norme reconnue des relations internationales et la base politique des relations sino-italiennes comme sino-européennes.
  • Un appel à des actes concrets. La Chine demande aux parties concernées de respecter ce principe non seulement en paroles, mais aussi par des décisions concrètes, notamment en évitant les rencontres à caractère officiel.
  • Une mise en scène médiatique maîtrisée. En répondant en quelques phrases seulement, la diplomatie chinoise évite d'amplifier l'événement tout en adressant un avertissement clair à ses partenaires européens.

Analyse approfondie

Cette séquence confirme que la question taïwanaise fonctionne comme un test permanent de la solidité des relations entre Pékin et ses partenaires européens. En ciblant à la fois Rome et Bruxelles, la Chine ne se contente pas de réagir à un déplacement ponctuel : elle rappelle que l'Union européenne, en tant qu'ensemble, est comptable des gestes de ses États membres. Pour Pékin, la distinction entre contacts « privés » et rencontres « officielles » n'a guère de sens dès lors qu'un responsable taïwanais de premier plan est reçu dans un cadre institutionnel.

L'Italie occupe une position particulière dans ce dossier. Rome a longtemps été l'un des rares pays du G7 à avoir signé un mémorandum d'entente avec Pékin dans le cadre des Nouvelles routes de la soie, avant de s'en retirer sous la pression de ses alliés occidentaux. Ce revirement a laissé des traces et rend la moindre ouverture italienne vers Taipei d'autant plus scrutée par la diplomatie chinoise. La visite de Hsiao Bi-khim s'inscrit donc dans un contexte où Rome cherche à réaffirmer son ancrage euro-atlantique, ce que Pékin perçoit comme un signal défavorable.

Plus largement, la stratégie taïwanaise consiste à multiplier les apparitions en Europe pour sortir de l'isolement diplomatique et présenter son système politique comme un rempart démocratique face à la pression chinoise. Cette approche mise sur la sympathie des opinions publiques européennes, sensibles aux arguments de liberté et de pluralisme. Mais elle se heurte à une réalité économique : la Chine reste un partenaire commercial majeur pour la plupart des pays européens, et peu de capitales sont prêtes à sacrifier ces échanges pour un geste symbolique en faveur de Taipei.

À court terme, on peut s'attendre à une intensification de ce type de passes d'armes. Chaque visite, chaque rencontre ou chaque déclaration parlementaire européenne deviendra un point de friction, avec des protestations chinoises calibrées pour ne pas rompre les canaux de dialogue. La véritable question est de savoir si l'Union européenne parviendra à formuler une position commune, ou si elle continuera d'avancer en ordre dispersé, laissant chaque capitale gérer seule la colère de Pékin. Pour les observateurs, la visite italienne n'est pas un incident isolé, mais un révélateur de la difficulté européenne à concilier valeurs affichées et intérêts économiques.

Questions fréquentes

Pourquoi la Chine réagit-elle aussi vivement à une simple visite en Italie ? Parce que Pékin considère toute rencontre officielle entre un responsable taïwanais et un pays ayant des relations diplomatiques avec la Chine comme une remise en cause du principe d'une seule Chine. La fermeté vise aussi à décourager d'autres États européens d'organiser des rencontres similaires.

Qui est Hsiao Bi-khim et pourquoi son déplacement est-il suivi de près ? Hsiao Bi-khim est une personnalité politique taïwanaise de premier plan, connue pour ses positions favorables à l'indépendance de l'île. Ses déplacements à l'étranger sont donc systématiquement surveillés par Pékin, qui y voit une tentative de légitimation internationale de Taipei.

Le principe d'une seule Chine est-il remis en cause en Europe ? Officiellement, la plupart des pays européens continuent de le reconnaître. Mais la multiplication des contacts non officiels avec Taipei crée une zone grise que Pékin juge inacceptable, ce qui alimente les tensions sans pour autant remettre en cause les relations diplomatiques formelles.

Source: https://www.thepaper.cn/newsDetail_forward_34029269

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#taïwan#chine#diplomatie#union européenne#hsiao bi-khim#principe d'une seule chine

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