Plan « 710 » d'Israël : 1,86 million de Palestiniens de Gaza « volontairement » déplacés
Le ministre israélien d'extrême droite Ben-Gvir propose un plan controversé pour déplacer 1,86 million de Palestiniens de Gaza en 7 ans, suscitant des critiques internationales.
Source: thepaper.cn
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a dévoilé le 3 septembre un plan controversé visant à déplacer la majorité de la population palestinienne de la bande de Gaza vers l'étranger dans un délai de sept ans. Présenté comme une initiative de « migration volontaire », ce projet, baptisé « 710 », fixe un calendrier précis : 250 000 départs la première année, 1,11 million en trois ans, et 1,86 million au total d'ici sept ans. Cette annonce intervient à quelques semaines des élections législatives israéliennes prévues le 27 octobre, où Ben-Gvir espère capitaliser sur cette position extrême.
Points clés
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Un plan chiffré et ambitieux : Le projet « 710 » prévoit une enveloppe initiale de 10 milliards de shekels (environ 3 milliards de dollars) pour financer des « kits de réinstallation » comprenant des subventions de voyage, un logement initial, une aide à l'emploi et un soutien financier allant jusqu'à 24 mois. Un financement supplémentaire de 50 milliards de shekels pourrait être débloqué en fonction de la participation internationale.
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Des pays cibles identifiés : Le plan mentionne la Turquie, l'Éthiopie, le Congo et plusieurs pays arabes comme destinations potentielles. Cependant, selon le journal israélien Yediot Aharonot, aucun État n'a officiellement accepté d'accueillir un grand nombre de Palestiniens de Gaza, ce qui soulève des doutes sur la faisabilité du projet.
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Un contexte électoral tendu : Ben-Gvir, leader du parti d'extrême droite Otzma Yehudit, a fait de ce plan le pilier de sa campagne électorale. Il a récemment multiplié les déclarations incendiaires, notamment en suggérant des « éliminations ciblées » à Gaza et en qualifiant certains Palestiniens de « ne méritant pas de vivre », provoquant l'indignation internationale.
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Des précédents américains : En février 2025, l'ancien président américain Donald Trump avait proposé de déplacer environ 2 millions de Palestiniens de Gaza, mais avait dû reculer face à l'opposition internationale et arabe. L'accord de cessez-le-feu d'octobre avait explicitement interdit les déplacements forcés. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a toutefois indiqué que cette option n'était que « gelée », pas abandonnée.
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Une qualification juridique contestée : Bien que Ben-Gvir insiste sur le caractère « volontaire » de la migration, les experts en droit international et les organisations humanitaires y voient une forme de coercition et de transfert forcé, interdit par les Conventions de Genève. Les conditions de vie à Gaza, déjà extrêmement précaires, rendent le consentement des Palestiniens pour le moins douteux.
Une opposition internationale massive : La communauté internationale, y compris les Nations unies et de nombreux pays arabes, a condamné ce projet comme une violation du droit humanitaire international. L'Égypte et la Jordanie, notamment, ont réaffirmé leur refus de toute déportation des Palestiniens, craignant un précédent dangereux.
Un impact humanitaire désastreux : Si ce plan était mis en œuvre, il entraînerait le déplacement de près de 90 % de la population de Gaza, créant une crise humanitaire sans précédent et déstabilisant davantage la région. Les infrastructures d'accueil dans les pays cibles sont largement insuffisantes, et les risques de tensions ethniques et sociales sont élevés.
Analyse approfondie
Ce plan « 710 » s'inscrit dans une escalade rhétorique et politique sans précédent depuis le début du conflit. Ben-Gvir, connu pour ses positions ultranationalistes, utilise cette proposition comme un outil de mobilisation électorale, mais aussi comme un moyen de peser sur la coalition gouvernementale. En présentant la migration comme « volontaire », il tente de contourner les interdictions juridiques, mais les conditions de vie à Gaza — où la population est soumise à un blocus, à des bombardements et à une pénurie généralisée — rendent cette notion purement théorique. Les observateurs soulignent que ce plan reflète une tendance plus large au sein de l'extrême droite israélienne visant à vider Gaza de sa population palestinienne, une idée autrefois marginale mais désormais ouvertement débattue. Sur le plan géopolitique, ce projet risque de saper les efforts de normalisation entre Israël et les pays arabes, qui conditionnent toute avancée à une solution à deux États. La communauté internationale, bien que critique, semble impuissante face à la détermination de Ben-Gvir, d'autant que les élections israéliennes pourraient renforcer sa position. À long terme, si ce plan n'est pas fermement rejeté, il pourrait établir un précédent dangereux pour le droit international et la protection des civils en zone de conflit. Les prochains mois seront décisifs pour voir si la pression internationale et les réalités du terrain parviendront à faire échouer cette initiative.
Questions fréquentes
Ce plan est-il juridiquement contraignant ?
Non, il s'agit d'une proposition politique émanant d'un ministre, sans valeur juridique immédiate. Cependant, s'il était adopté par le gouvernement israélien et mis en œuvre, il violerait les Conventions de Genève, qui interdisent le transfert forcé de populations civiles en situation d'occupation.
Quels sont les principaux obstacles à ce plan ?
Les obstacles sont multiples : l'absence de pays d'accueil volontaires, la condamnation internationale quasi unanime, les risques juridiques pour les responsables israéliens, et l'opposition des Palestiniens eux-mêmes, qui refusent massivement de quitter leur terre.
Quelle est la position de la communauté internationale ?
La plupart des pays, y compris les alliés d'Israël, ont exprimé leur opposition à tout déplacement forcé de Palestiniens. L'Union européenne et les Nations unies ont appelé au respect du droit international et à la reprise des négociations de paix.
Source: https://www.thepaper.cn/newsDetail_forward_34006519
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