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Xi Jinping au sommet des BRICS 2026 : cinq initiatives pour le Sud global

Au sommet de New Delhi, Xi Jinping a présenté cinq propositions sur l'IA, le commerce et le numérique pour renforcer la coopération des BRICS et du Sud global.

Le 13 septembre 2026, à New Delhi, la dix-huitième édition du sommet des BRICS a pris une tournure stratégique : dans sa deuxième session plénière, le président chinois Xi Jinping a présenté cinq initiatives concrètes destinées à transformer le groupe en moteur du « Sud global ». Alors que la multipolarité s'accélère et que les tensions géopolitiques se multiplient, ce discours dessine moins une déclaration d'intention qu'une feuille de route économique et technologique. Pour les observateurs européens, il révèle surtout l'ambition chinoise de structurer un ordre parallèle autour des marchés émergents.

Points clés de l'intervention

  • Un diagnostic de bascule mondiale : Xi Jinping a décrit une « montée en puissance collective du Sud global » comme force motrice de la multipolarité, tout en reconnaissant un contexte international instable et des risques en cascade. Il a appelé les BRICS à « prendre l'initiative historique » pour stabiliser le monde.
  • Défense du droit international et du multilatéralisme : le dirigeant chinois a plaidé pour l'égalité souveraine, la non-ingérence et le règlement pacifique des différends, en rejetant les « deux poids, deux mesures » dans l'application des règles internationales. Il a soutenu la réforme de l'OMC et des institutions financières pour accroître la voix des pays en développement.
  • Cinq initiatives structurantes : intelligence artificielle open source, facilitation du commerce et de l'investissement, coopération dans les industries numériques, fabrication intelligente et formation d'ingénieurs. Chaque volet prévoit des plateformes ou des alliances pilotées par la Chine.
  • L'IA comme levier diplomatique : Pékin propose de créer une zone dédiée aux modèles open source des BRICS, avec formations et développement de grands modèles linguistiques, afin de bâtir un écosystème alternatif aux standards occidentaux.
  • Commerce et zones économiques spéciales : un portail intelligent et un partenariat entre zones économiques spéciales sont envisagés, avec un forum des services prévu en 2027 pour stimuler les échanges.
  • Numérique et industrie : une plateforme cloud des industries numériques des BRICS et un programme d'usines intelligentes visent à accélérer la transition manufacturière des membres.
  • Capital humain : une alliance pour la formation d'ingénieurs et un programme d'échanges scientifiques pour la jeunesse doivent ancrer la coopération dans le long terme.
  • Le « Quinzième plan quinquennal » comme offre mondiale : Xi Jinping a présenté ce plan non seulement comme un projet national, mais comme une « liste de coopération » ouverte au monde, liée à l'Initiative pour le développement global et aux Nouvelles Routes de la soie.

Analyse approfondie

La portée de ce discours dépasse le cadre habituel des déclarations de sommet. En proposant des plateformes concrètes — IA open source, cloud industriel, normes d'ingénierie — la Chine cherche à exporter ses standards technologiques autant que ses biens. C'est une stratégie de normalisation : celui qui fixe les règles de l'IA ou de la fabrication intelligente capte durablement la valeur ajoutée. Le choix de l'open source n'est pas anodin ; il séduit les pays qui refusent de dépendre d'écosystèmes propriétaires occidentaux, tout en permettant à Pékin de fédérer une communauté autour de ses propres modèles.

Sur le plan géopolitique, l'accent mis sur le « Sud global » traduit une volonté de dépasser la seule arithmétique des BRICS élargis. En associant l'Égypte, l'Iran, l'Éthiopie, les Émirats ou l'Indonésie, le groupe couvre désormais une part significative du commerce mondial et des ressources énergétiques. La Chine se positionne comme architecte de cette coalition, sans en revendiquer la direction formelle — une prudence qui ménage l'Inde, hôte du sommet, et le Brésil.

Pour l'Europe, ces annonces constituent un signal ambivalent. Elles ouvrent des opportunités de coopération sur le climat, la santé ou la sécurité alimentaire, mais elles accélèrent aussi la fragmentation technologique. Les entreprises européennes devront arbitrer entre standards concurrents, tandis que les institutions multilatérales risquent d'être contournées par des structures ad hoc. La question centrale des prochaines années ne sera pas l'adhésion aux BRICS, mais la capacité de l'Union européenne à proposer une alternative attractive en matière de gouvernance numérique et de financement du développement.

Questions fréquentes

Que sont exactement les cinq initiatives annoncées par Xi Jinping ? Il s'agit de l'IA open source, de la facilitation du commerce et de l'investissement, de la coopération dans les industries numériques, de la fabrication intelligente et de la formation d'ingénieurs. Chacune prévoit une plateforme ou une alliance concrète pilotée par la Chine.

Pourquoi le sommet s'est-il tenu à New Delhi et sous présidence indienne ? L'Inde assurait la présidence tournante du groupe en 2026 et a donc accueilli et présidé les débats. Cette configuration est symbolique : elle montre que la Chine et l'Inde, malgré leurs rivalités, coopèrent au sein des BRICS.

Quel impact pour les pays francophones et l'Afrique ? Plusieurs membres ou invités — Égypte, Éthiopie, Afrique du Sud — sont concernés par les programmes de formation, d'usines intelligentes et de commerce. Les initiatives pourraient servir de modèle à d'autres économies africaines cherchant à industrialiser sans dépendre uniquement des financements occidentaux.

Source: https://www.thepaper.cn/newsDetail_forward_34061035

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#brics#xi jinping#sud global#géopolitique#intelligence artificielle#commerce international

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