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Sommet des BRICS à New Delhi : pourquoi les « grands BRICS » changent l'ordre mondial

Le 18e sommet des BRICS s'ouvre à New Delhi. Analyse d'un bloc qui pèse près de la moitié de l'humanité et redessine la gouvernance mondiale face au Sud global.

Source: thepaper.cn

Le 12 septembre 2026, Xi Jinping se rend à New Delhi pour le 18e sommet des BRICS, à l'invitation du Premier ministre indien Narendra Modi. Vingt ans après la naissance d'un simple acronyme d'analystes financiers, le groupe est devenu une plateforme politique de premier plan. Dans un monde fracturé, comprendre ce que représente cette « grande coopération des BRICS » n'est plus un exercice académique : c'est une clé de lecture des rapports de force à venir.

Vue d'ensemble du sommet des BRICS à New Delhi

Points clés

  • Un poids démographique et économique décisif. Les pays des BRICS réunissent près de la moitié de la population mondiale, environ 30 % du PIB global et un cinquième du commerce international. Cette masse critique explique pourquoi le groupe ne peut plus être réduit à un club de pays émergents.
  • Une trajectoire de vingt ans. Né comme concept économique dans des rapports d'investissement, le bloc s'est transformé en force structurante de la scène internationale. Xi Jinping qualifie cette évolution d'« apparemment fortuite, mais historiquement inévitable ».
  • Le « BRICS+ » comme bascule stratégique. Lancée en 2017 à Xiamen, cette formule élargit les partenariats au-delà des membres fondateurs. En 2023, plus de cinquante pays se sont joints aux discussions lors du sommet sud-africain, transformant le format en réseau mondial.
  • Une doctrine assumée : ni blocs, ni camps. Pékin insiste sur le refus des logiques d'alignement et de confrontation. L'objectif affiché est de construire un « grand cadre de paix et de développement », et non une alliance militaire.
  • Des réalisations concrètes. La Nouvelle Banque de développement a approuvé plus de 42 milliards de dollars de prêts cumulés. Le partenariat sur la nouvelle révolution industrielle couvre l'industrialisation, la numérisation et l'innovation.
  • Une diplomatie de médiation. Des consultations coordonnées sur le conflit israélo-palestinien et une initiative sino-brésilienne en six points sur l'Ukraine, soutenue par plus de 110 pays, illustrent cette posture.
  • Le volet culturel et éducatif. Un réseau de think tanks du Sud global, des accords sur l'éducation numérique et des programmes de renforcement des capacités visent à ancrer la coopération dans les sociétés civiles.
  • Un ancrage dans le « Sud global ». Le discours officiel relie l'essor des BRICS à l'émergence collective des pays du Sud, citant le poème classique : « La montagne ne peut arrêter le fleuve qui coule vers l'est ».

Analyse approfondie

Ce sommet intervient dans un contexte où la multipolarité n'est plus une hypothèse théorique mais une réalité institutionnelle. Les BRICS jouent un rôle ambigu : ils ne forment ni une alliance militaire ni un marché commun, mais ils fournissent un cadre de coordination politique et financière qui contourne partiellement les institutions héritées de Bretton Woods. La Nouvelle Banque de développement, avec ses 42 milliards de dollars de prêts, reste modeste face à la Banque mondiale, mais elle constitue un laboratoire de gouvernance alternative, notamment sur les conditionnalités et la représentation des pays emprunteurs.

Pour la France et l'Europe, l'enjeu est double. D'abord, l'élargissement du format dilue l'influence occidentale dans les enceintes de gouvernance économique : si les BRICS+ parviennent à coordonner leurs positions sur le climat, le commerce ou les chaînes d'approvisionnement, les négociations multilatérales deviennent plus complexes. Ensuite, la stratégie chinoise consistant à présenter le groupe comme un vecteur de paix et de développement, plutôt que comme un instrument de confrontation, complique la lecture géopolitique : elle séduit de nombreux pays africains, asiatiques et latino-américains qui ne souhaitent pas choisir de camp.

Les limites existent pourtant. Les divergences d'intérêts entre la Chine, l'Inde, le Brésil, la Russie et les nouveaux membres sont réelles, notamment sur les questions de sécurité et de commerce. L'absence de mécanisme de décision contraignant limite la portée des déclarations communes. La question centrale des prochaines années sera donc celle de l'institutionnalisation : les BRICS resteront-ils un forum souple, ou évolueront-ils vers une organisation dotée de règles et de ressources propres ?

La tenue du sommet en Inde, quelques mois après une présidence chinoise active, envoie par ailleurs un signal d'équilibre interne. New Delhi cherche à éviter que le groupe ne devienne un instrument au service d'une seule puissance, tandis que Pékin y voit un levier pour légitimer sa vision d'un ordre mondial plus équitable. Cette tension féconde, si elle est gérée, pourrait paradoxalement renforcer la crédibilité du format auprès des pays non alignés.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la « grande coopération des BRICS » ? Il s'agit d'un élargissement du format historique, intégrant de nouveaux membres et des partenaires du Sud global. L'objectif est de dépasser le club initial pour bâtir un réseau de coopération couvrant les principales régions du monde.

Les BRICS sont-ils une alliance anti-occidentale ? Officiellement non. La rhétorique chinoise insiste sur le refus des logiques de blocs et de camps. Dans les faits, le groupe cherche à peser sur la gouvernance mondiale et à réduire la dépendance aux institutions dominées par l'Occident, sans constituer une alliance militaire.

Quel est le poids réel de la Nouvelle Banque de développement ? Avec plus de 42 milliards de dollars de prêts cumulés, elle demeure petite à l'échelle du système financier mondial. Son importance est surtout symbolique et institutionnelle : elle prouve qu'une architecture financière alternative est possible.

Source: https://www.thepaper.cn/newsDetail_forward_34056450

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#brics#sommet new delhi#géopolitique#sud global#xi jinping#gouvernance mondiale

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