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IA et art : la vision de Chen Songying sur la formation des artistes

La présidente de l'Académie des arts du spectacle de Hong Kong, Chen Songying, partage sa vision sur l'IA dans les arts : un outil, pas un substitut à la discipline. Découvrez son analyse.

Dans le monde des arts du spectacle, l'adage « un moment sur scène, dix ans de travail hors scène » résonne avec force. Alors que l'intelligence artificielle bouleverse l'industrie créative, Chen Songying, présidente de l'Académie des arts du spectacle de Hong Kong (HKAPA) et ancienne danseuse professionnelle, transforme cette maxime en ligne directrice. Fondée il y a 42 ans et classée première en Asie pour les arts du spectacle par QS, l'académie a récemment signé un protocole d'accord avec Cyberport pour explorer la création de studios immersifs, intégrant l'IA et la réalité étendue (XR) dans les salles de répétition. Cette initiative soulève des questions cruciales : l'IA peut-elle remplacer la formation traditionnelle ? Qu'est-ce qui fait d'une œuvre une œuvre d'art ? Chen Songying offre des réponses nuancées, entre ouverture technologique et défense intransigeante de la dimension humaine de l'art.

Points clés

  • Partenariat stratégique entre l'art et la technologie : L'accord entre HKAPA et Cyberport vise à créer un écosystème intégré « industrie-université-recherche ». Il permettra aux étudiants d'expérimenter dans un environnement technologique de niveau industriel, tout en offrant aux entreprises technologiques un contenu artistique de pointe. Ce rapprochement reflète une tendance mondiale vers la convergence des disciplines.

  • L'IA comme « assistant pédagogique », pas comme substitut : Chen Songying insiste sur le fait que les exigences traditionnelles en matière de compétences de base ne seront pas assouplies. Les cours de théâtre, de danse et d'instrument doivent rester intacts. L'IA est positionnée comme un outil pour améliorer l'efficacité des répétitions et de la création, et non comme un raccourci pour éviter les efforts physiques.

  • La technologie comme extension du langage corporel : Pour une danseuse comme Chen, la technologie a toujours fait partie de l'art, des éclairages aux projections, jusqu'à la capture de mouvement. L'IA peut analyser les trajectoires des danseurs, suggérer des combinaisons inédites, et ainsi aider les chorégraphes à repousser les limites de leur créativité.

  • La crainte légitime : perdre le contrôle créatif : Chen met en garde contre le risque de voir les artistes dépossédés de leur autorité créative. La vigilance doit porter sur la préservation de l'autonomie esthétique et humaine, et non sur la technologie elle-même.

  • Les limites de l'IA : l'expérience vécue et l'émotion : L'IA peut aider à la numérisation du patrimoine, à la restauration de textes anciens, mais elle ne peut pas reproduire la sensation physique de la transpiration, la douleur de l'entraînement, la respiration du danseur, ni l'empathie partagée avec le public. Ces expériences sensorielles et émotionnelles sont irremplaçables.

  • L'IA ne remplace pas la formation de base : L'histoire montre que la photographie n'a pas tué la peinture, ni les logiciels de musique le classique. À HKAPA, les étudiants sont curieux des outils d'IA, mais ne montrent pas de signes de dépendance excessive. La scène exige une présence et une maîtrise que seule une pratique assidue peut conférer.

  • La lenteur comme valeur ajoutée : Chen cite l'exemple du film d'animation hongkongais « Le Monde extérieur », primé aux Golden Horse après sept ans de travail artisanal, et celui de « L'Odyssée » de Christopher Nolan, salué pour son approche manuelle. Elle considère cette lenteur comme un complément nécessaire à l'ère de l'IA, car elle apporte une profondeur humaine et une rareté précieuses.

  • L'avenir de l'éducation artistique : L'accent doit être mis sur la pensée critique, le jugement esthétique, l'empathie et la compréhension culturelle. Ces compétences distinguent l'« artiste avec une âme » du simple « opérateur de commandes ». L'IA doit être enseignée comme un outil, mais jamais au détriment de ces fondamentaux.

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    Analyse approfondie

    L'approche de Chen Songying s'inscrit dans un débat mondial sur la place de l'IA dans les industries créatives. Alors que certains voient dans l'IA une menace pour l'emploi et la créativité, d'autres y voient une opportunité d'élargir les possibilités artistiques. Chen adopte une position équilibrée : elle reconnaît le potentiel de l'IA pour améliorer l'efficacité et explorer de nouvelles formes, mais elle insiste sur la nécessité de préserver la formation traditionnelle et l'autonomie de l'artiste. Cette position est particulièrement pertinente dans le contexte de Hong Kong, où le gouvernement encourage l'adoption de l'IA dans les industries créatives, mais où les institutions culturelles doivent maintenir leur excellence académique. Le partenariat entre HKAPA et Cyberport illustre une tendance plus large vers la collaboration entre les secteurs artistique et technologique, qui pourrait devenir un modèle pour d'autres régions. À l'avenir, les artistes devront être à la fois des maîtres de leur art et des navigateurs avertis des outils numériques. La clé sera de former des créatifs capables de marier la profondeur de la tradition avec les possibilités de l'innovation, afin de créer des œuvres qui touchent l'âme humaine.

    Questions fréquentes

    L'IA peut-elle créer de l'art ? Selon Chen Songying, une œuvre générée par l'IA ne peut être qualifiée d'art que si un humain guide, sélectionne et interprète le résultat, en y insufflant ses émotions et sa vision. L'IA seule ne possède pas d'expérience de vie, donc elle ne peut pas produire d'art authentique.

    Comment les écoles d'art doivent-elles intégrer l'IA dans leurs programmes ? Il est essentiel d'enseigner aux étudiants à utiliser l'IA comme un outil de création, tout en renforçant leur formation aux compétences fondamentales (technique, théorie, histoire de l'art). L'accent doit être mis sur le développement de la pensée critique et du jugement esthétique pour éviter une dépendance excessive à la technologie.

    Quels sont les risques de l'IA pour les artistes ? Le principal risque est la perte de contrôle créatif et la standardisation des œuvres. Les artistes pourraient être tentés de suivre les suggestions de l'IA au lieu de développer leur propre vision. Il est donc crucial de maintenir une discipline artistique rigoureuse et une conscience éthique.

    Source: https://www.thepaper.cn/newsDetail_forward_34019066

    Tags

    #intelligence artificielle#arts du spectacle#formation artistique#créativité#Hong Kong#technologie

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