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Népal et climat : la Chine répond aux demandes de compensation

Après les glissements de terrain, le Népal réclame des compensations climatiques aux grands émetteurs. Pékin se dit « acteur résolu » du développement vert et appelle à la coopération.

Les catastrophes naturelles liées au changement climatique ne cessent de s'intensifier, et leurs répercussions dépassent désormais les frontières. Le 3 septembre 2026, lors d'un point presse régulier, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a répondu aux appels du Népal demandant des compensations climatiques aux principaux pays émetteurs, dont les États-Unis, l'Inde et la Chine. Cette déclaration intervient après de graves glissements de terrain ayant frappé le Népal, ravivant le débat sur la justice climatique et la responsabilité des grandes puissances. Alors que les négociations internationales sur le climat peinent à aboutir, cette prise de position chinoise mérite une analyse approfondie.

Points clés

  • Réaction de la Chine face aux demandes népalaises : Guo Jiakun a souligné que la Chine est un « acteur résolu » du développement vert et un contributeur important, tout en insistant sur le caractère mondial du défi climatique. Il a appelé à une réponse collective, tout en rappelant que la Chine est également touchée par ces catastrophes transfrontalières.

  • Position sur les compensations climatiques : Le porte-parole n'a pas directement accepté l'idée de compensations financières, mais a réaffirmé l'engagement de la Chine à atteindre ses objectifs « double carbone » (pic des émissions avant 2030 et neutralité carbone avant 2060). Il a souligné que la Chine réalise la plus forte réduction d'intensité carbone au monde.

  • Soutien aux pays en développement : La Chine se présente comme un défenseur des droits des pays en développement, plaidant pour un système de gouvernance climatique « juste, raisonnable et gagnant-gagnant ». Elle affirme fournir une aide via la coopération Sud-Sud, sans toutefois préciser de montants.

  • Relation sino-népalaise : Guo Jiakun a qualifié la Chine et le Népal de « communauté de destin » liée par les montagnes, insistant sur le fait que la Chine est aussi victime de ces catastrophes. Il a proposé une coopération renforcée pour prévenir et réduire les impacts climatiques.

  • Contexte des glissements de terrain : Les pluies torrentielles de la mousson ont provoqué des glissements de terrain meurtriers au Népal, faisant des centaines de morts et des dégâts matériels considérables. Ces événements ont relancé les revendications de justice climatique, le Népal étant l'un des pays les plus vulnérables.

  • Pression sur les grands émetteurs : Des voix népalaises, tant politiques que civiles, pointent du doigt les pays industrialisés et émergents, responsables historiques des émissions de gaz à effet de serre, pour qu'ils assument leurs responsabilités financières.

  • Réponse diplomatique de Pékin : La Chine évite de s'engager sur des compensations spécifiques, préférant mettre en avant ses propres efforts et sa solidarité avec les pays en développement, tout en appelant à une coopération internationale.

  • Analyse approfondie

    Cette réponse de la Chine s'inscrit dans une stratégie diplomatique plus large. D'un côté, Pékin cherche à se positionner en leader des pays en développement sur la scène climatique, en rappelant son rôle de « grand pays responsable ». De l'autre, elle refuse de céder aux pressions en matière de compensations financières, qui pourraient créer un précédent coûteux. La mention du statut de « plus grand pays en développement » est révélatrice : la Chine se considère toujours comme un pays en développement, malgré son poids économique, et estime que les responsabilités historiques incombent d'abord aux pays développés.

    Le choix de mettre l'accent sur la coopération bilatérale avec le Népal, plutôt que sur des compensations, est également stratégique. En soulignant que la Chine est aussi touchée par les catastrophes, elle se présente comme une victime solidaire, ce qui atténue les accusations. Cette approche « gagnant-gagnant » est typique de la diplomatie chinoise, qui préfère les projets concrets (infrastructures, aide humanitaire) aux transferts financiers directs.

    Cependant, cette position pourrait être perçue comme insuffisante par les pays vulnérables. Les négociations sur le « fonds pertes et dommages », adopté à la COP27, peinent à se concrétiser, et la Chine, bien que contributeur, n'est pas parmi les principaux donateurs. À l'avenir, la Chine devra trouver un équilibre entre ses ambitions de leadership et les attentes croissantes des pays du Sud. La question des compensations climatiques risque de devenir un point de friction majeur dans les relations internationales, et la réponse de la Chine montre qu'elle est consciente des enjeux mais déterminée à protéger ses intérêts.

    Questions fréquentes

    Qu'est-ce que la « double carbone » (double carbone) ? C'est un objectif national chinois visant à atteindre le pic des émissions de CO2 avant 2030 et la neutralité carbone avant 2060. Il s'agit d'un engagement clé de la Chine dans la lutte contre le changement climatique.

    Pourquoi le Népal demande-t-il des compensations climatiques ? Le Népal est fortement exposé aux catastrophes naturelles liées au climat, comme les glissements de terrain et les inondations. Les pays en développement comme le Népal estiment que les grands émetteurs historiques doivent contribuer financièrement à la réparation des pertes et dommages.

    La Chine a-t-elle accepté de verser des compensations ? Non, la Chine n'a pas accepté de compensations spécifiques. Elle a plutôt réaffirmé son engagement à réduire ses émissions et à aider les pays en développement par le biais de la coopération Sud-Sud, sans préciser de montants.

    Source: https://www.thepaper.cn/newsDetail_forward_34001841

    Tags

    #climat#chine#nepal#compensation#developpement-durable#diplomatie

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